Les explications que « nous allons proposer ici à la piété du lecteur me paraissent réaliser plus directement, plus complètement l’idée dominante du sacrifice de la Messe ; lequel est certainement le résumé du mystère universel de Jésus-Christ. Ce mystère adorable, centre de tous les autres, céleste et terrestre tout ensemble, embrasse tous les temps, depuis le premier moment de la création des Anges et des hommes, jusqu’à la consommation dernière, jusqu’à la bienheureuse éternité. Cette interprétation réalise pleinement, ce semble, la célèbre parole du psaume CX, appliqué par tous les interprètes à l’Eucharistie, sacrifice et sacrement : Memoriam fecit mirabilium suorum misericors et miserator Dominus ; escam dedit timentibus se. La Messe étant le mémorial des merveilles et mystères de Notre-Seigneur, le cérémonial qui l’accompagne doit répondre à. cette pensée.
Or les interprétations que je résume ici me semblent ressortir tout naturellement des rites eux-mêmes et ne point avoir ce cachet d’invention, qui se rencontre souvent en pareille matière, et qui est plus propre à discréditer la sainte liturgie qu’à lui concilier le respect et l’admiration.
Elles ne sont point de foi ; mais elles sont selon la foi. Elles demeurent presque toutes dans le domaine de ce qu’on appelle les opinions, les sentiments libres ; on peut ne les point adopter, si, en contemplant nos saints mystères, on trouve des lumières qui satisfassent davantage et la piété et la raison et la science.
Celles-ci ont été puisées à diverses sources très-autorisées ; elles sont, en outre, le résultat de mes relation, avec plusieurs doctes et pieux personnages, soit ici, soit à Rome. C’est donc le fruit de tout ce que j’ai pu, depuis vingt-cinq ans, entendre, recueillir et contempler sur ce beau sujet. J’ai tâché de le résumer en un petit opuscule, dont le principal mérite est, sans aucun doute d’être court et à la portée de toutes les intelligences et de toutes les bourses. »