« Un bon livre, dit-on, est un ami.
J’espère, en ce moment, quoi que vous en pensiez, vous présenter un de ces amis-là. Recevez-le comme on reçoit ses amis, avec bienveillance et le cœur ouvert. Je vous l’offre de même.
Quoiqu’il parle de choses un peu sérieuses, j’ai tout lieu de croire qu’il ne vous ennuiera pas. Je le lui ai bien recommandé, et il m’a promis de ne point prêcher, mais simplement de causer. Après avoir lu le dernier chapitre, vous me direz s’il a tenu parole.
Vous remarquerez, sans doute, que les préjugés auxquels j’oppose une réponse sont de trois espèces. Les uns viennent de l’impiété, ce sont les pires ; j’ai commencé par eux : les autres viennent de l’ignorance ; les autres, enfin, de la lâcheté. »
« Vous trouverez, sans doute, bien des questions traitées trop brièvement ; mais j’ai craint de vous fatiguer, mon cher lecteur, et j’ai mieux aimé être incomplet que de vous endormir. Malheur au livre sur lequel on s’endort ! »
Mgr de Ségur
Couverture :
Caricature de Darwin et Littré par Gill.
Listes des objections auxquelles Mgr de Ségur répond :
I Qu’ai-je à faire de la Religion ? Je n’en ai pas, et cela ne m’empêche pas de me bien porter. 5
II Il n’y a pas de Dieu. 9
III Quand on est mort, tout est mort. 10
IV C’est le hasard qui mène tout, autrement il n’y aurait pas tant de désordres sur la terre. Que de choses inutiles, imparfaites, mauvaises ! Il est clair que Dieu ne s’occupe pas de nous. 13
V La Religion est bonne pour les femmes. 18
VI Il suffit d’être honnête homme : c’est la meilleure des religions, cela suffit. 19
VII Ma religion, à moi, c’est de faire du bien aux autres. 23
VIII La Religion, au lieu de tant parler de l’autre vie, devrait bien plutôt s’occuper de celle-ci, et y détruire la misère. 25
IX Il faut jouir de la vie ; il faut prendre du bon temps car le bon Dieu n’a pu nous faire que pour nous rendre heureux. 27
X Il y a des savants et des gens d’esprit qui ne croient pas à la Religion. 32
XI Les curés font un métier, ils ne croient pas à ce qu’ils prêchent. 36
XII Les prêtres sont des fainéants : à quoi servent-ils ? 37
XIII Il y a de mauvais prêtres ; comment peuvent-ils être les ministres de Dieu ? 39
XIV Les prêtres devraient se marier. Le célibat est contre la nature. 40
XV Je ne crois que ce que je comprends. Un homme raisonnable peut-il croire les mystères de la Religion ? 42
XVI Je voudrais bien avoir la foi, mais je ne peux pas. 44
XVII Toutes les religions sont bonnes. 46
XVIII Jésus-Christ est-il autre chose qu’un grand philosophe, qu’un grand bienfaiteur de l’humanité, qu’un grand Prophète ? est-il vraiment Dieu ? 51
XIX C’est bien mieux d’être protestant que catholique ; on est toujours chrétien, et c’est presque la même chose. 60
XX Les protestants ont le même Évangile que nous. 70
XXI Un honnête homme ne doit pas changer de religion. Il faut rester dans la religion où l’on est né. 71
XXII L’Église catholique a fait son temps. 73
XXIII Moi, je veux le pur Évangile, le christianisme primitif. 75
XXIV L’Église est l’ennemie du progrès. 77
XXV Il n’est pas question du pape dans l’Évangile. 78
XXVI J’ai ma religion à moi. Chacun est libre de pratiquer sa religion comme il l’entend ; cela me regarde seul, et je sers Dieu à ma manière. 82
XXVII Moi, je suis gallican. 83
XXVIII Les prêtres sont des hommes comme les autres ; le pape et les évêques sont des hommes : comment des hommes peuvent-ils être infaillibles ? Je veux bien obéir à Dieu, mais non pas à des hommes comme moi. 85
XXIX Hors l’Église point de salut ! Quelle intolérance ! Je ne puis admettre une règle aussi cruelle. 86
XXX Mais la Saint-Barthélemy ? 89
XXXI Il n’y a pas d’enfer ; personne n’en est jamais revenu. 90
XXXII Comment concilier la bonté de Dieu avec l’éternité des peines de l’enfer ? A tout péché miséricorde. 93
XXXIII Dieu est trop bon pour me damner. 94
XXXIV Dieu a prévu de toute éternité si je dois être sauvé ou damné. J’aurai beau faire, je ne pourrai changer la destinée. 97
XXXV Ce n’est pas ce qui entre dans le corps qui souille l’âme. Dieu ne me damnera pas pour un morceau de viande. La viande n’est pas plus mauvaise le vendredi et le samedi que les autres jours. 98
XXXVI Dieu n’a pas besoin de mes prières. Il sait bien ce qui m’est nécessaire sans que je le lui demande. 100
XXXVII Je prie et n’obtiens pas. Je perds mon temps. 102
XXXVIII Qu’est-ce que j’ai donc fait au bon Dieu pour qu’il m’envoie tant de mal ? 102
XXXIX À quoi bon prier la sainte Vierge ? c’est une superstition. D’ailleurs comment peut-elle nous entendre ? 104
XL Pourquoi n’y a-t-il plus de miracles ? 107
XLI Pourquoi parler latin ? pourquoi se servir d’une langue inconnue ? 110
XLII Les prêtres demandent toujours de l’argent ! 111
XLIII Ce sont les prêtres qui ont inventé la confession. 112
XLIV À quoi sert la confession ? 115
XLV Je n’ai pas besoin de me confesser. Je n’ai rien à me reprocher ; je n’ai ni tué, ni volé, ni fait de tort à personne. Je n’aurais rien à dire. 118
XLVI C’est ennuyeux de se confesser. 120
XLVII Aller à confesse, c’était bon quand j’allais à l’école, mais maintenant !... 121
XLVIII Je connais des dévots qui ne sont pas meilleurs que les autres hommes. Un tel, qui se confesse, n’est pas meilleur pour cela. 122
XLIX Comment le corps de Jésus-Christ peut-il être réellement présent dans l’Eucharistie ? c’est impossible. 123
L Je n’ai que faire d’aller à la Messe ; je prie aussi bien le bon Dieu chez moi. 126
LI Je n’ai pas le temps. 129
LII Je ne peux pas ! c’est trop difficile ! 131
LIII On se moquerait de moi ! Il ne faut pas se singulariser ; il faut faire comme les autres. 134
LIV Il ne faut pas être bigot. 137
LV La vie chrétienne est trop ennuyeuse. C’est trop triste : se priver de tout ; avoir peur de tout ; quelle vie ! 139
LVI Je ne suis pas digne de m’approcher des sacrements. Il ne faut pas abuser des choses saintes. 140
LVII J’ai fait de trop grands péchés ; il est impossible que Dieu me pardonne. 141
LVIII Il faut que jeunesse se passe. 143
LIX L’Extrême-onction fait mourir les malades. Il y a de quoi les tuer. Il ne faut appeler le Prêtre que quand il n’y a plus de connaissance. 143
LX Je pratiquerai la Religion plus tard, quand je n’aurai plus tant d’affaires. Je me confesserai plus tard, à la mort. Bien certainement, je ne mourrai pas sans sacrements. 145