JEAN GUIRAUD, SPÉCIALISTE DE L’HISTOIRE DE L’ÉGLISE, AGRÉGÉ D’HISTOIRE (1888), DOCTEUR ÈS LETTRES (1895), PROFESSEUR D’HISTOIRE ET DE GÉOGRAPHIE DE L’ANTIQUITÉ ET DU MOYEN ÂGE À L’UNIVERSITÉ DE BESANÇON, RÉDACTEUR EN CHEF DE LA CROIX DE 1917 À 1939.
« Beaucoup d’archives qui étaient jalousement fermées ou ne s’entr’ouvraient que pour de rares privilégiés se sont largement ouvertes et ont été explorées depuis un demi-siècle ; et tout d’abord, les plus importantes qui soient pour l’histoire religieuse, les Archives du Vatican. Les érudits de toute nation qui y travaillent en ont tiré des documents et même des collections de documents qui précisent ou rectifient des solutions que l’on croyait définitives. Je n’en veux pour preuve que le Bullaire de l’Inquisition de la France au XIV° siècle, formé de bulles pour la plupart inédites que M. l’abbé Vidal a extraites des archives du Vatican. Nous avons tiré parti de ces documents pour saisir sur le vif le fonctionnement de l’Inquisition au Moyen-Age. Le même service a été rendu aux historiens par la publication que nous devons à Mgr Douais des documents sur l’histoire concernant l’Inquisition du Midi de la France. »
« Ces documents nouveaux permettent de réviser et parfois de corriger, sur plus d’un point, les Histoires générales de l’Inquisition au Moyen-Age, qui sont à notre disposition, en particulier celle de l’Américain Lea, traduite en français par M. Salomon Reinach. »
Nous n’avons prétendu poser aucune thèse a priori ; et voilà pourquoi nous n’avons pas abordé la question de savoir si l’Église avait ou non le droit de réprimer par la force l’hérésie. Nous ne contestons pas l’importance de ce problème au point de vue théologique et canonique et même historique ; mais nous aimons mieux qu’il soit mis sous les yeux des lecteurs moins par un syllogisme scolastique que par le simple exposé des faits. C’est pour la même raison que nous nous sommes abstenus le plus possible de porter des jugements sur les hommes et les institutions, ne le faisant que lorsque nos conclusions n’étaient que le résumé de faits déjà racontés. En laissant ainsi la parole aux textes, nous avons voulu éviter les deux écueils d’une pareille étude, l’apologie ou le dénigrement du catholicisme ou de ses adversaires, de l’Inquisition ou de l’hérésie. Avant tout, nous nous sommes efforcé de faire œuvre d’historien.
C’est le seul moyen de connaître l’Inquisition et de la comprendre. »
L’auteur dans l’introduction
Couverture : Le Pape et l’Inquisiteur, peinture Jean-Paul Laurens.